• 29 SEP 17
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    Hommage au Professeur Christian Cabrol

    Photo Professeur Christian Cabrol

    Professeur Christian Cabrol

    Plusieurs d’entre nous étaient réunis, il y a peu, autour du Professeur Christian Cabrol, pour fêter joyeusement ses 90 ans. Il était, ce jour-là, comme un jeune homme. Je lui avais donné rendez-vous pour son centenaire. Toujours indiscipliné, il nous a quittés plus tôt. Toujours fidèle, il a terminé sa vie dans le bâtiment pour lequel il s’est battu et qui, un jour, portera peut-être son nom. Toujours facétieux, il s’est arrangé pour que ses obsèques aient lieu le 22 juin, journée nationale sur le don d’organes et la greffe, comme s’il voulait passer un dernier message : « continuez mon combat pour le don!  ».

    Christian Cabrol était un chirurgien exceptionnel. Charismatique, audacieux, inventif. Il était un médecin hors du commun. Généreux, brillant, sensible. Il était un grand patron, un maître, un visionnaire. Il en imposait par son physique, par son caractère – capable de passer de la plus terrible colère à la plus séduisante douceur – par son obstination. Il lui semblait naturel que rien – la maladie, l’administration, les épiphénomènes – ni personne ne lui résiste. Et il savait donner envie de ne pas lui résister ! Irrésistible est probablement l’un des qualificatifs qui lui convient le mieux.

    La Pitié-Salpétrière était sa maison. Il y a près d’un demi-siècle, il y fit la première greffe de cœur en Europe, à peine quelques mois après la première mondiale, dont il côtoya l’auteur dans la même équipe aux Etats-Unis. Il continua à faire des premières, comme un alpiniste qui inscrit son nom sur les parois des pics inaccessibles. Il mit toute sa force dans la bataille pour que se crée l’institut du cœur, mobilisant tous ceux qui pouvaient faire exister ce projet, qui, oserais-je dire, lui tenait tant à cœur.

    L’Assistance-Publique Hôpitaux de Paris, cette grande communauté hospitalo-universitaire, est fière d’avoir pu si longtemps bénéficier du talent du Professeur Cabrol. Elle lui doit beaucoup, comme il disait souvent qu’il lui devait beaucoup. Elle est reconnaissante pour sa contribution extraordinaire au progrès médical, pour sa capacité à bousculer l’ordre établi, pour les générations qu’il a formées, pour l’énergie qu’il a dépensé, pour le rayonnement qui était le sien, pour les vies qu’il a sauvées.

    Je ne  peux que souhaiter que son souvenir continue à battre dans nos cœurs, que son exemple donne encore envie aux générations qui viennent d’embrasser la carrière hospitalo-universitaire, que son extraordinaire parcours donne envie à chacun, non pas de le dépasser, ce qui serait vain, mais de se dépasser, en donnant le meilleur de soi-même, en rappelant qu’il n’y a pas plus belle finalité que le don de soi.

    Martin Hirsch

    Directeur général de l’AP-HP

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